Cxiu cxevalo estas jungita kun apartajxa Provenca kolringo. Oni diris 'Saraceno' : tre pinta kaj kun largxaj brakoj por subteni la bridoj. Brilaj pecetoj ekipas ankaux gin, same  ke arabvirinoj portas sur sxiaj fulardoj. Estas Nordafrika popoloj, Mauxroj kaj Saracenoj kiuj, kiam ili okupaciis la Provenco, al ni lasis tion heredajxon (kun multaj esprimoj kiuj restis en nia Provenca parolmaniero)…

 

 

Post senpaga matenmanĝo, sed malgraǔ tio, tre abunda (salamo, pasteĉo, rostata porkkotleto, fromaĝo kaj deserto) donacas per la cxarkondukista frataro, oni promenigas tion jungadon sur la vilagxa stratoj por ascendi antaux la pregxejo situita en gxia centro, des pli miljaroj. Tie, la pastro benas la ornamata cxareto por porti gxin sxanco venontjare…

 

Tio 'promenado' cxirkaux vilagxo estas tre malnova tradicio kiu datas de prahistoriaj tempoj. Ankoraux nun, en la plej pratriboj, unu foje jaro, oni metas la virinoj kaj infanoj en la centra vilagxo kaj la viroj, por protektado, cxirkauxas…

 

Tio prapatra tradicio plu dauxris cxe ni en pli evoluaj formoj, sed tio estas dauxrigado de tio pratiko, oni retrovas gxin en tio grandioza defilado…

Sankta Johana festo

La Ornamatan Kargilon...

Cxiuj jaroj, la 24 junio, tago de la Sankta Johan, patrono de la vilaĝo, Barbentano faras  grandan feston. Pro tio okazo, de la Barbentananoj promenigas 'Carreto Ramado' (Ornamatan Kargilon). Tio estas ke oni kuplas pli da 40 cxevaloj 'en sago' (la unu post la cetera) por tiri Ornamatan Kargilon de branĉoj de salikoj, de genistoj kaj de floraj iridoj…

La fête de la Saint-Jean

La Sankta Johano fajro

Cxiuj jaroj, la dektria de junio, antauxtaga festo de Sankta Johano-Baptisto, estas unu el du vilagxfestoj (alia, estas la 'Vote', la lasta auxgusta dimancxo). Pro tio okaze delonge jarmiloj ni faras fajron por omagxi la plej mallonga nokto de la jaro (somera solstico en norda hemisfero). Poste kvara jarcento, la katolika Eklesio transformis tiun paganan adoron en religia festo, la Sankta Johano-Baptisto kulto…

Sed, malgraux la sxajnoj, estas bone la celebrado de la sxangxigxa sezono kiu apertis la epoko fruktaj rikoltoj kaj la fojnado…

 

Cxiam, niaj prapatroj ekbruligis fajro (purigeca simbolo) kaj, epoko, dancis kaj festenis cxiu la nokto kun forta ebrieco…

 

La junaj viroj, kiam la fajro estis malpli brula kaj la malpli altaj flamoj, kursvingigxis kaj saltis super la fajrejo. Tio estis inica rito kiu montris al la virinoj kiuj ili igxis adoltaj kaj kiuj ili povis nun sin edzigi…

Le feu de la St Jean…

Toutes les années, le 23 juin, veille de la fête St Jean Baptiste, c'est une des deux fêtes au village (l'autre, c'est la Vote, le dernier dimanche d'août). A cette occasion et depuis des millénaires nous faisons un feu pour honorer la nuit la plus courte de l'année (solstice d'été dans l'hémisphère nord). A partir du IVème siècle, l'église Catholique a transformé cette adoration païenne en une fête religieuse, le culte de St Jean-Baptiste…

Mais, malgré les apparences, c'est bien la célébration d'un changement saisonnier qui ouvrait l'époque des récoltes fruitières et la fenaison…

 

De tout temps aussi, nos ancêtres allumaient un feu (symbole de purification) et, à l'époque, dansaient et festoyaient toute la nuit avec force libation…

 

Les jeunes garçons, quand le feu était moins ardent et les flammes moins hautes, s'élançaient et sautaient au-dessus du foyer. C'était un rite initiatique qui indiquait aux filles, qu'ils étaient devenus adultes et qu'ils pouvaient maintenant se marier...

Cxiu cxevalo tenis al la mano per unu cxarkondukisto en uniformo de festo : blua pantalono, blanka cxemizo kun la blazona de Barbentano kudris sur la posxo de koro kaj unu largxa ventratalio (la Taillole)…

 

La bestoj estas ‘plugcxevaloj’ de diversaj rasoj (Breton, Francomtois, Percheron, ktp…) kaj kiuj bredas ke pro tiuj okazoj cxar estas longatempe ke agrikulturo estas komplete mekanikta en nia lando…

La 'Carreto Ramado'...

Toutes les années, le 24 juin, jour de la St Jean-Baptiste, patron du village, Barbentane fait une grande fête. A cette occasion, des Barbentanais promènent une ‘Carreto Ramado’ (charrette ramée). C'est-à-dire que l’on attelle plus de 40 chevaux ‘en flèche’ (l’un derrière l’autre) pour tirer une charrette ornée de branches de saules, de genêts et de fleurs d’iris…

Chaque propriétaire tient son cheval à la main. Ils sont en tenu d’apparat : un pantalon bleu, une chemise blanche avec les armoiries de Barbentane cousus sur la poche de cœur et une

large ceinture ventrale

(la Taillole)…

 

Les chevaux sont des bêtes de ‘labour’ de races diverses (Breton, Francomtois, Percheron, etc…) et qui ne sont élevés que pour ces occasions car il y a belle lurette que l’agriculture est entièrement mécanisée dans notre pays…

Chaque cheval est harnaché avec un collier spécifique à la Provence. Il est dit ‘Sarrazin’ : très pointu et avec de larges bras pour soutenir les rênes. Il est aussi muni de petites piécettes brillantes, les mêmes que femmes arabes portent sur leurs foulards. Ce sont les peuplades d’Afrique du nord, les Maures et les Sarrasins qui, quand elles occupaient la Provence, nous ont laissé cet héritage (avec de nombreuses expressions qui sont restées dans notre parler Provençal)…

 

Après un petit déjeuner gratuit, mais néanmoins très copieux (saucisson, pâté, côte de porc grillée, fromage et dessert) offert par les charretiers, on promène cet attelage dans les rues du village pour ‘monter’ jusque devant l’église située dans son centre plus que millénaire. Là, le curé bénit la charrette pour lui porter ‘chance’ durant l’année à venir…

 

Cette ‘promenade’ autour du village est une tradition très ancienne qui date des temps protohistoriques. Encore maintenant, dans les tribus les plus primitives, une fois l'an, on place les femmes et les enfants au centre du village et les hommes, en guise de protection, font des cercles autour…

 

Cette tradition ancestrale a perduré chez nous dans des formes plus évoluées, mais c’est bien la continuation de cette pratique que l'on retrouve dans cette parade magnifique…